Construction de logements : les mises en chantier rebondissent en août 2026, le cumul reste sous la moyenne
En août 2026, 27 663 logements ont été mis en chantier en France (+4,1 % sur juillet, données CVS-CJO publiées le 29 septembre 2026), mais le cumul sur douze mois (300 244) reste 9,5 % sous la moyenne des cinq années précédentes. Les autorisations reculent de 1,1 % à 29 749, et la maison individuell
27 663 logements mis en chantier en août 2026, soit 4,1 % de plus qu'en juillet : le bilan de la construction de logements publié le 29 septembre 2026 confirme une troisième hausse mensuelle d'affilée. La bonne nouvelle a pourtant ses limites. Sur douze mois, le nombre de chantiers ouverts reste 9,5 % sous la moyenne des cinq années précédentes, et les permis de construire, eux, marquent le pas.
Tous les chiffres qui suivent sont corrigés des variations saisonnières et des jours ouvrables, et couvrent la France entière.
Construction de logements en août 2026 : les chiffres clés
| Août 2026 | Sur un mois | Cumul sur 12 mois | Écart à la moyenne des 5 années précédentes | |
|---|---|---|---|---|
| Logements mis en chantier | 27 663 | +4,1 % | 300 244 | -9,5 % |
| Logements autorisés | 29 749 | -1,1 % | 369 723 | -9,7 % |
Les deux indicateurs ne mesurent pas la même chose. Une autorisation correspond à un permis de construire accordé : c'est un projet, qui peut encore être abandonné ou retardé. Une mise en chantier (ou ouverture de chantier) signale le démarrage effectif des travaux. Les autorisations annoncent donc l'activité des mois à venir, les mises en chantier décrivent celle du moment.
Un rebond mensuel qui ne comble pas le retard
Le mouvement des derniers mois est clair : +1,8 % en juin, +5,8 % en juillet, +4,1 % en août pour les mises en chantier. Mais il part d'un niveau bas. Entre septembre 2025 et août 2026, 300 244 logements ont été mis en chantier, un volume qui reste nettement inférieur à la moyenne des cinq années précédentes.
Huit mois meilleurs que l'an dernier
Le tableau n'est pas sombre pour autant. Sur les huit premiers mois de 2026, le niveau mensuel moyen des mises en chantier dépasse de 21,2 % celui de l'ensemble de l'année 2025. Autrement dit, 2026 fait mieux que 2025, mais le cumul glissant sur douze mois traîne encore les mois faibles de la fin 2025.
Côté permis, le signal est plus terne : sur ces mêmes huit mois, le niveau mensuel moyen des autorisations est simplement égal à celui de 2025. Après une baisse de 4,6 % en juin et une stabilité en juillet, août ajoute un léger recul de 1,1 %. Si les permis ne repartent pas, les mises en chantier finiront par manquer de carburant.
La maison individuelle reste le maillon faible
C'est dans l'individuel que le retard est le plus marqué. En août, les mises en chantier de maisons progressent légèrement (+2,8 %), tirées par l'individuel pur (+6,1 %), c'est-à-dire la maison construite seule sur son terrain avec son propre permis. L'individuel groupé (lotissements, maisons construites à plusieurs sous un même permis) recule de 4,7 %.
Sur douze mois, le constat est sévère :
- mises en chantier de logements individuels : -18,7 % par rapport à la moyenne des cinq années précédentes ;
- autorisations de logements individuels : -14,7 %, avec 11 742 permis en août (-2,1 % sur un mois), l'individuel pur reculant de 4,4 % et le groupé progressant de 3,6 %.
Pour un ménage qui envisage de faire construire, ce recul n'a rien d'une bonne ou d'une mauvaise nouvelle en soi. Il décrit un marché où les projets de maisons se sont raréfiés, ce qui peut peser sur l'activité des constructeurs et des artisans locaux.
Le collectif résiste, porté par les résidences
Les immeubles s'en sortent mieux. En août, 16 983 logements collectifs ont été mis en chantier, en hausse de 4,9 % sur un mois. Sur douze mois, l'écart à la moyenne des cinq années précédentes se limite à -3,1 %.
Les permis de logements collectifs sont quasi stables en août (-0,4 %, à 18 007 unités). Sur un an glissant, ils restent 6,3 % sous la moyenne quinquennale. Le détail est instructif : les logements collectifs ordinaires sont sous leur moyenne de long terme, tandis que les logements en résidence (étudiants, seniors, tourisme, résidences sociales) se situent au-dessus de leur tendance longue.
Pourquoi lire le mois d'août avec prudence
Août est un mois piège pour les statistiques de chantiers. Le faible volume d'informations collectées pendant l'été oblige à estimer une plus grande part des données, et les chiffres de mises en chantier de ce mois peuvent être révisés plus fortement que d'habitude dans les publications suivantes. Côté permis, 77,9 % des informations étaient collectées pour août au moment de la publication.
Les révisions jouent dans les deux sens. Juillet en offre un exemple : l'évolution des autorisations entre juin et juillet, d'abord estimée en baisse, est désormais évaluée à 0,0 %. Un mois isolé ne fait donc pas une tendance ; c'est la série sur plusieurs mois et le cumul sur douze mois qui renseignent vraiment.
Ce que ces chiffres changent pour vous
Ces statistiques décrivent l'activité de construction, pas les prix ni les ventes de logements neufs. Elles donnent toutefois un repère utile : un volume de chantiers durablement inférieur à la moyenne annonce moins de logements livrés dans les années qui viennent, puisqu'un chantier ouvert aujourd'hui ne se traduit en logement habitable qu'après plusieurs mois de travaux. Si vous suivez un programme neuf ou un projet de maison, le calendrier de votre propre chantier dépend avant tout de votre constructeur ou promoteur : demandez-lui les dates contractuelles plutôt que de vous fier à la conjoncture nationale.
Le rebond d'août mérite d'être noté, mais il faudra le voir confirmé par les permis de construire avant de parler de reprise durable. Rendez-vous à la prochaine publication mensuelle, et vérifiez toujours les derniers chiffres avant de fonder une décision sur la conjoncture.
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